Devoir accompli

Ces derniers temps je déserte ce blog. Depuis pas mal de semaines maintenant je ne publie plus grand chose. La faute à … moi et ma fâcheuse tendance à reporter tout à plus tard ; aussi à mon inspiration en creux et au sentiment que je n’ai finalement pas grand chose à raconter. Et puis il faut dire que j’ai eu ce dossier à préparer pour ma VAE (validation des acquis de l’expérience, qui me permettra si tout va bien d’obtenir un diplôme en fin d’année, après le jury, pour ensuite démarrer une formation d’un an et, je l’espère,  me reconvertir…). Ce book, donc, sensé présenter des actions que j’ai réalisées au cours de ma carrière (23 ans…), qui pourraient équivaloir au référentiel du diplôme visé.  Ce n’est pas forcément très compliqué mais c’est très fastidieux et rébarbatif parce que très administratif dans la forme. Réunir des documents, des anecdotes, expliquer,  commenter… tout un tas de choses qui demandent de se poser et de réfléchir et surtout, surtout, de se motiver. Sur ce point je dois une fière chandelle à ma boîte actuelle qui chaque jour un peu plus me donne l’envie et la force de la quitter ! Mais bien sûr je ne me suis réellement mis au travail que fin mai et j’ai passé beaucoup de temps en juillet pour rendre mon dossier dans les délais.

Enfin voilà,  c’est désormais chose faite. Je suis maintenant face à un océan de vacuité. Je me suis remis à mes cours d’anglais et me suis d’ores et déjà inscrit à un atelier de dessin pour la rentrée… D’ailleurs je vous propose un petit dessin que j’ai commencé pendant mes vacances. Il s’agit dune representation de la rue dans laquelle nous logions lors de notre semaine à Barcelone. Je viens de le terminer  (j’avais pris soin de prendre une photo) et je ne suis pas mécontent du résultat,  même s’il y a encore beaucoup de défauts (de perspective notamment).

Ce dessin me donne envie d’en réaliser d’autres mais je ne veux pas encore vous parler de ce que j’ai en tête. Ce serait prématuré.

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#211 – Passé – futur

Le passé et l’avenir n’ont pas de signification. Le passé est passé. C’est terminé,  fini, achevé. On ne peut pas revenir dessus et le regarder ne le fera pas changer. Le futur quant à lui n’est que supposition et imagination. En outre, personne ne peut le prédire.

En soi, donc, ces deux temps ne me sont pas utiles. Seul le présent est viable. Le présent, ici et maintenant, l’instant que je vis, se présente comme la couche la plus « à jour » de mon existence, pas encore passée, mais pas non plus imaginaire. Il est le temps de ma réalité et il n’y en pas d’autre.

Je passe la moitié de mon temps à emmagasiner des morceaux de présent devenus passés. Je les déforme au fur et à mesure que je les stocke, comme si je faisais une esquisse de chaque moment du présent que je quitte pour la glisser dans mon immense carton à dessins. Mais ces traits ne sont pas sûrs, ils  me trahissent parfois où je les arrange trop facilement à ma convenance. Ils ne transcrivent pas ce que fut réellement mon moment présent.

Je passe l’autre moitié de mon temps à me demander de quoi seront faites les minutes, les jours et les années qui viennent. Quelle sera leur couleur, leur température, ce qu’ils m’apporteront ou m’enlèveront ? Que me réserve la suite, que sera mon futur ? Je pense pouvoir le prévoir ou le créer mais je n’essaie même pas de le préparer ! Aussi quand il me tombe dessus en faisant bien ce qu’il veut de moi, je me sens à nouveau comme trahi…

De toute part je suis donc déçu. Que ce soit par la faiblesse de mes souvenirs ou par le côté insaisissable de mon avenir.
Il ne me reste plus que le présent, que je néglige tant, pour m’apporter enfin la sensation que je suis quelque part et que ma réalité est tangible.

Le sommet de mon passé et la base de mon futur sont réunis dans le présent, le seul temps pour lequel j’existe. Alors pourquoi n’en profite-je pas davantage ?

# 188- La vie est trop courte

La vie est trop courte. C’est entendu, tout le monde (ou presque) en a conscience. Mais pourtant nous sommes bien peu à profiter de chaque instant, même en sachant pertinemment que le temps nous est compté.

Alors quoi ? Comment faire ? Il y a déjà un point important à respecter qui est, d’après moi, de vivre dans le présent et non avec les souvenirs du passé ou les hypothèses du futur. Vivre chaque instant suppose que l’on soit présent spirituellement mais ce qui coule de source n’est pas toujours appliqué. Nous sommes tellement accaparés par notre course au toujours plus, toujours plus vite, que nous finissons par être obnubilés par ce que nous faisions et ce que nous ferons (peut être), sans même nous arrêter un instant sur ce que nous faisons. Pourtant la seule chose tangible et qui peut avoir un intérêt, c’est bien ce que nous sommes en train de faire. Si ce que nous réalisons ici et maintenant ne nous « parle » pas, si ça ne suscite pas en nous de plaisir ou d’émotion positive, si nous estimons que ça n’est ni prioritaire, ni fondamental, ou bien encore si cela va à l’encontre de nos valeurs ou de nos principes… alors nous sommes en droit de nous interroger sur la façon dont nous utilisons le peu de temps dont nous disposons.

Par exemple, écrire cet article représente beaucoup pour moi. C’est une façon d’exprimer posément une idée qui germe  dans mon esprit depuis quelques temps et qui a envie de se concrétiser. C’est une priorité autant qu’un plaisir d’écrire ces quelques lignes. Aussi je sais que mon temps est « bien » utilisé.

À vous maintenant de savoir si lire ces phrases répond aux questions que je posais un peu plus haut…

# 186 – Puis…

Puis les articles commencèrent à s’espacer.

Bien qu’ayant toujours très envie d’écrire, Eric ne savait pas comment il allait pouvoir mener de front la rédaction quotidienne de nouveaux posts, une myriade de projets tous plus excitants les uns que les autres, et une vie professionnelle déjà bien chargée. L’alternative ou la solution la plus évidente aurait été de lever le pied quant aux activités professionnelles, mais pour cela il lui aurait d’abord fallu gagner en efficacité, ce qui, bien entendu, ne se fait pas en un jour.

Aussi décida-t-il, un peu comme une urgence, de ne plus écrire dans son blog qu’en fonction du temps dont il disposait ; une fois tout le reste fait. Car il faut bien le dire, écrire chaque jour un nouvel article, même sans intérêt, cela lui prend beaucoup de temps.

Pour autant, sa décision ne présuppose en rien de la quantité de ses écrits à venir, même si ça laisse tout de même entrevoir la fin de la publication systématique et quotidienne…

En soi, c’est peut-être une bonne chose, qui sait ?

#163 – Du temps

Jonas a tout compris. Il passe son temps en mission, sur le terrain, là oú aucun de ses collègues ne veut aller. Il est nomade, prend le train, l’avion ou la voiture et voyage un peu partout. Parfois aussi il prend le bus ou le métro, il traverse la ville et va à la rencontre des succursales, des gens du terrain comme on dit dans sa boîte. Il y en a suffisamment pour l’occuper 365 jours par an… Alors quand on enlève les week-ends et les vacances, il n’est jamais au bureau !

Et ça lui plait. Il se sent tellement libre quand il n’est pas attaché à son poste, au milieu de cet open-space trop bruyant, de ce panier de crabes où le moindre de ses gestes est décortiqué, analysé et commenté. Quand il se déplace, il s’organise vraiment, il se sent autonome et, surtout, il gère son temps. Ah ça oui, il optimise son temps de travail et, par voie de conséquence, son temps libre également… Il en profite, il se régale. Il travaille plus vite et mieux. Tout ce dont il a besoin est sur son ordinateur ou accessible à distance. Les nouvelles technologies lui rendent un sacré service ! Il dégage du temps pour lui et pour ceux qui comptent pour lui.

Bon, c’est vrai, parfois il doit prendre le train tôt ou l’avion tard mais dans ces cas là il en profite pour faire ce qu’il n’aime pas : traiter ses mails, rédiger ses rapports, etc. Mais ce n’est pas si fréquent que ça. De toute façon on ne lui demande presque pas de compte sur ce qu’il fait, où il va et comment il y va. Il s’en était vite aperçu mais jusqu’à maintenant, n’avait pas osé s’engouffrer dans la brèche qui lui paraissait trop large pour être vraie !

Alors maintenant qu’il est parvenu à s’affranchir de ces chaines temporelles il envisage d’autres occupations comme écrire, apprendre, être attentif à son couple. Des choses qui lui paraissent autrement plus importantes que de partager les derniers potins à la machine à café.
Concilier son boulot et sa vie privée ; s’il avait su qu’un jour il y parviendrait…

#162 – Ode à Décembre

Décembre, enfin !  On se croirait au bout de la route.
L’arrivée de la course, longue et fatigante.
La fin d’une année qu’on aurait aimé différente.
L’aboutissement, sans aucun doute.

Pourtant Décembre, encore.
Son flot de stress et de grisaille
Que ma personne encore assaillent
Malgré tous mes efforts.

Et puis surtout, Décembre, surtout.
Des réjouissances et des veillées,
Des commerçants émerveillés.
Mois des cadeaux et des gros sous.

Enfin, Décembre nous le promet,
Préparez-vous à rempiler !
Elle n’est pas loin l’année nouvelle,
Elle attend juste le mois d’Janvier !

#109 – Touche à tout

Il aurait fallu des journées de 30 heures pour que Loïc puisse accomplir toutes les tâches qu’il programmait. Il ne s’arrêtait jamais de remplir son emploi du temps de choses diverses et variées. Lire, courir, écrire, faire du yoga, peindre, aller à la salle de sport, reprendre les cours d’espagnol, aller au théâtre, faire du shopping, surfer sur le Net, commenter les blogs, et dernièrement, faire des travaux dans son appartement… Il n’en finissait pas de trouver de nouvelles choses à faire.

Son calendrier était tellement dense que Loïc ne pouvait respecter aucune échéance et se sentait chaque fois frustré de n’avoir pas le temps de faire ceci ou cela. Il regrettait que le temps file et que ses envies s’estompent faute d’avoir pu leur donner corps. A peine avait-il l’idée d’une nouvelle activité, qu’il devait y renoncer, faute de temps. Cela le rendait passablement maussade. Il essayait de tout faire, mais ne faisait pas grand chose au final.
Outre le temps qu’il passait à ne rien achever, Loïc passait également beaucoup de temps à refuser de commencer d’autres choses. Il sortait peu, ne rencontrait pas grand monde et refusait même la plupart des invitations qu’on lui adressait….

Loïc se rendait bien compte que cette vie ne lui permettait pas de s’épanouir. Au contraire, il voguait de frustration en déception.  Il comprit alors que le problème de sa suractivité venait du fait qu’elle était tout éparpillée. A quoi lui servait de vouloir tout faire en même temps ? A moins d’être un surhomme il ne pourrait jamais se diviser. Aussi décida-t-il de ne plus courir qu’un seul lièvre à la fois. Il se consacra, en alternance, à une seule activité. Finalement cette façon de répartir les tâches, même si elle lui demandait davantage de rigueur, lui permettait en tout cas d’aller au bout des choses et de garder un peu de temps pour le reste : les amis, la famille, les amours… D’ailleurs, c’est en allant à un cours de dessin (chose qu’il avait toujours voulu faire sans jamais avoir le temps de s’inscrire), qu’il rencontra Paul…