Trop long

Il arrive parfois qu’on n’ait pas en tête les bonnes proportions, comme sur cette affiche pour Lipton Ice Tea, vue à l’arrêt de bus, où le personnage de droite qui fait signe de la main semble avoir un doigt à faire pâlir E T de jalousie.

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11 questions

Doriangay, auteur du très beau blog du même nom, m’a posé une série de 11 questions, au sein d’une chaîne. Je me suis prêté au jeu et voici donc mes réponses :

– Une mauvaise habitude ?
Comme beaucoup de gens, paraît-il, j’ai une fâcheuse tendance à remettre à plus tard ce que je devrais faire maintenant. Je procrastinise, donc.

– La dernière fois que tu as pleuré ?
Cela remonte à assez longtemps je crois. Une fin de relation sans importance et une vague de tristesse incommensurable, comme un barrage qui aurait céder. Je pense qu’il y avait dans mes larmes bien plus que les regrets liés à la fin de cette amourette…

– Un des plus grands moments de honte que tu aies pu vivre ?
Difficile, mais peut-être le jour où je me suis fait traiter de PD devant toute la classe par d’autres adolescents comme moi, un peu stupides eux aussi. Aujourd’hui je m’en moquerais mais à l’époque je le vivais si mal…

– Cette partie du corps qui te complexe le plus ?
La taille de mon sexe arrive en deuxième, mon petit ventre en premier. Bref, que des questionnements très mâles… Sinon il y a aussi mon nez légèrement épaté, histoire de faire un podium.

– La première chose que vous faites le matin ?
Je me lève (je n’aime pas spécialement traîner au lit parce que j’ai toujours faim le matin) et je pense à la journée qui arrive.

– L’une des choses que vous craignez le plus ?
D’être en mauvaise santé, paralysé ou simplement invalide. Je crois qu’on ne se réjouit pas assez d’être bien portant.

– Plutôt introverti ou extraverti ?
Vraiment introverti mais je sais aussi faire semblant d’être extraverti (enfin, quand j’ai envie seulement). Je suis plutôt du genre timide, même si je fais un métier (commerçant) où il ne faut pas vraiment l’être.

– Si tu devais décrire des vacances parfaites ?
En ce moment je suis en Espagne. Le matin, après le sport, je bosse sur ma VAE à l’ombre de la tonnelle avec vue sur la baie (post précédent). L’après midi je me baigne dans des eaux turquoises et pour rejoindre la plage, je fais de la marche. Un bon combiné.

– Le film dont tu connais les répliques cultes ?
« Vous en étiez à peau de couille je crois. Très intéressant, et ensuite, que ce passe-t-il », Mme Musquin dans le Père Noël est une ordure.

– Une des choses les plus touchantes que tu aies pu faire par amour ?
Je ne crois pas avoir fait grand chose par amour, hélas, … ou pas. J’essaie simplement de m’investir et de donner le meilleur de moi-même.

Voilà, vous savez tout. J’ajoute que je suis un briseur de chaîne devant l’Eternel, et une fois encore je ne repasse pas le flambeau. Ceci étant j’ai 11 questions en réserve auxquelles celles et ceux qui me lisent peuvent se confronter s’ils le souhaitent avec un petit commentaire ici pour m’inviter à aller lire leurs réponses.

Voici donc les 11 sujets de réflexions :

1 – Une grosse bêtise passée ?
2 – Un regret passé ou futur ?
3 – Une histoire d’amour inachevée ?
4 – Une mission en cours ou à venir ?
5 – Un rêve devenu réalité ?
6 – Un rêve pas encore atteint ?
7 – Un trait de caractère dominant ?
8 – Une question qui te taraude ?
9 – Un fantasme qui ne soit pas sexuel ?
10 – Un être que tu admires ?
11 – La vérité sur ton âge (mental) ?

Ah les vacances…

1433160708790-1040045453Un peu de repos… avant l’été. Certes c’est un peu tôt pour les grandes vacances, mais c’est tellement bon d’éviter la foule. Et puis Paris l’été c’est plus sympa. En attendant c’est farniente sur des îles espagnoles de la Méditerranée. J’en oublierais presque d’écrire dans ce blog mais non, non, il ne faut pas. J’ai un questionnaire qui m’attend et des tas de choses à raconter.

#251 – Coup de grisou

La vie vous réserve parfois de vrais coups de grisou. Des déflagrations qui, si elles ne vous tuent pas, vous assomment tout au moins. Des retours de flamme, des coup de boomerang, des uppercuts… dit autrement, des remises en question.

Je me suis pris un de ces retours de manivelle aujourd’hui.
Alors que depuis quelques jours je suis amené à collaborer sur un projet avec un nouveau prestataire, je me rendais compte que ce dernier était vraiment très dispersé, brouillon et, au final, peu efficace bien que très gentil. Je me moquais plus ou moins intérieurement de son allure gauche, de ses gestes maladroits et de son élocution hasardeuse, tout en abusant de sa gentillesse et de sa volonté presque exagérée de rendre service.
Quand, ce midi, il m’a expliqué qu’un grave accident de voiture l’avait placé dans cette situation de handicap, et qu’il souffrait réellement d’être diminué physiquement au point d’être mal dans son travail, je me suis senti bête à manger du foin.

Stupide est le premier mot qui m’est venu à l’esprit en pensant à mon attitude. Juger les autres est un sport dans lequel je semble exceller. Donner mon avis en toute connaissance, parler à tort et à travers ou bien encore tirer des conclusions hâtives… Finalement, je ne vaux pas mieux que les donneurs de leçons ou les forts en gueule que je montre du doigt.

J’avoue que ce soir je ressens comme un malaise. D’une part vis à vis de cet homme que j’ai déconsidérer en toute impunité et, d’autre part, vis à vis de mon attitude. Je me suis rendu compte que j’avais encore beaucoup de chemin à parcourir sur la voie de la conscience. Je me sens immature. Pour preuve : j’en suis encore à me laisser guider par ce que mes yeux veulent me faire croire, à suivre le mouvement et à n’avoir aucune pensée par moi-même.
La conclusion de cette histoire, c’est que je  ne changerai pas aussi facilement, et que mes bonnes intentions en la matière ne seront pas suffisantes.

#245 – Lâcher le bord

Pourquoi ne parvins-je pas à lâcher le bord ? Laisser-tomber, cesser de m’agripper, une façon de céder en quelque sorte ? J’ai pourtant fait l’expérience, déjà, d’un lâcher prise salutaire. Quand pour la première fois j’ai osé ouvrir la main pour quitter le bord — plus ou moins rassurant — du bassin à la piscine, et que je me suis rendu compte par moi-même que je pouvais flotter, nager, en un mot : survivre. Cela sous-tendait bien sûr un certain degré d’autonomie, un peu de débrouillardise et une touche de self-control… rien qui ne soit pas à la portée d’un être moyennement doué, comme moi. Mais quelle sensation ! La liberté sous toutes ses formes : ne plus être pieds et poings liés, attaché à une bordure qui paralyse plus qu’elle ne sécurise ; pouvoir choisir l’endroit vers lequel me diriger ; expérimenter pleinement l’eau qui porte mon corps ;  ne plus avoir peur de la piscine, de l’environnement, des autres, de l’eau, du bruit, des sensations…

Je trouve cet exemple représentatif de ce que je ressens dans ma vie en ce moment. Je réalise qu’il y a trop de (belles) choses que je ne pourrai jamais faire si je ne me décide pas, un jour, à lâcher le bord. Ce cadre, ce côté faussement tranquilisant (mais qu’au fond de moi je sais être un leurre) d’une vie qui ne serait pas la mienne en fin de compte et que, par conséquent, je refuserais de vivre. Je tente de me persuader que ma vie est accomplie alors qu’elle n’a même pas débuté ! Ce bord là, c’est la voie, le rail, l’existence qu’On choisit pour moi, c’est ce qu’On veut me faire faire, ce qu’On exige de moi, ce qu’On estime bon ou mauvais, utile ou pas, sans que je, combien même je serais le principal concerné, n’ai quoi que ce soit à en dire. Ce que j’exprime maintenant peut paraître extrême ou incroyable et pourtant c’est bien la réalité.

Il me semble que la vie que nous menons, pour la majorité d’entre nous, est un accord tacite avec le pire. Nous consacrons toute notre énergie, toute notre conviction, toute notre foi à être ce qu’on attend de nous. On nous enchaîne, nous conditionne, nous met en boîte (avec une etiquette) sans que nous trouvions rien à redire. Nous sommes piégés, estimant que le seul moyen de survivre est d’accepter ce contrat — oserais-je dire ce chantage ? — qu’On nous impose et que je résumerais ainsi : « si tu fais ce que le système exige de toi, il fera en sorte de te maintenir dépendant de lui. Pour cela, il te fera croire en des valeurs et des objets de pacotille, qu’il te présentera comme essentiels, sans jamais te donner les moyens de les posséder ». Ainsi, mais peut-etre suis je le seul dans ce cas, ai-je le sentiment de donner le meilleur de mes compétences sans jamais en obtenir quoique ce soit en échange, car tout ce qu’on me fait prendre pour nécessaire est inaccessible avec le peu que l’on me donne. Visualisez vous la carotte et le bâton ?

Nous percevons un salaire ! dirons certains. Mais à bien y réfléchir qu’elle est la valeur de cette rétribution au final ? Un salaire dont le système nous ponctionne en permanence une bonne partie pour la redistribuer on ne sait comment, on ne sait à qui, en nous faisant croire que c’est pour le bien de tous et que c’est un devoir. Autrement dit, On nous explique qu’une partie de notre travail (de notre vie, du meilleur de nous mêmes) appartient à tout le monde, à la Société, à une vague idée de Communauté…

Ce que je trouve monstrueux, par dessus tout, c’est que pour nous maintenir prisonniers de ce système, On entretient en nous la peur incommensurable de la perte ; perte de notre rôle et de notre place dans la Société, de nos biens (dont on sait maintenant qu’ils ne sont que des morceaux de verre brillants), de notre dignité, voire de notre vie… On noircit le tableau jusqu’à nous laisser penser que sortir du système c’est mourir à coup sûr. Qu’il vaut mieux, d’une part, continuer à donner le meilleur de nous pour rien et, d’autre part, qu’il est normal que notre vie ne nous appartienne pas tout à fait.

Combien de temps encore vais-je accepter de croire à ce marché de dupe dont je suis le principal instigateur. Car finalement celui qui fait fonctionner le système c’est bien moi. En donnant, j’entretiens la machine, j’apporte de l’eau au moulin. Mes miroirs aux allouettes me font prendre les miettes que l’on me laisse pour de la reconnaissance ou un enrichissement personnel. Une façon de « gagner sa vie » comme on me l’a appris petit mais en oubliant de dire que les règles étaient mauvaises et que je n’avais aucune chance de « gagner » quoi que ce soit…

# 238- Carte Postale

Les vacances battent donc leur plein, quelque part dans l’Atlantique, en terre Espagnole. Iles caillouteuses et poussiéreuses, la réputation des Canaries tient sans doute davantage à leur climat qu’à leur faune et leur flore… Mais c’est déjà ça. Et le soleil est rude ici, ma peau pourrait vous en parler !

Ceci explique pourquoi je n’ai pas publié grand chose ces derniers jours. Paradoxe : plus j’ai de temps et moins j’écris. À moins que ce ne soit le manque d’inspiration qui me joue des tours, ou le nombre de mes visites quotidiennes variant entre 2 et 5 qui me démotive ? À la vérité ce n’est rien de tout cela. Que j’ai 1 ou 100000 lecteurs ne change fondamentalement pas les choses. J’écris pour être lu, certes, mais aussi pour moi. Ça me fait comme un entraînement,  pour le jour où j’écrirais vraiment, je veux dire, des livres, des romans…

Parfois, quand je prends le métro par exemple,  j’imagine quelle serait ma réaction si je voyais des inconnus en train de lire un livre que j’aurais écrit. Me sentirais je fier, aurais je envie de dire à ces lecteurs « c’est moi qui ai écrit ce que vous lisez ! ». Ou au contraire, serais je éternellement insatisfait,  incapable d’accepter ou de comprendre que mes oeuvres puissent plaire ? Serais je perpétuellement à guetter les réactions des uns et des autres ? Me rememorerais je des anecdotes concernant tel ou tel passage qu’un quidam serait en train de parcourir des yeux assis à côté de moi, me souvenant du moment où je l’avais écrit.

Voici à quoi je rêvasse quand je fais la planche, maintenant que je n’ai plus peur de nager (celui ou ceux qui me suivent savent de quoi je parle).