#255 – Niveler par le bas

Tout se passe comme si le but du jeu était de ne plus faire qu’une seule et même masse à partir de toutes les individualités. Niveler le niveau — en tirant vers le bas — mais pas seulement. Effacer les spécificités, écraser les personnalités, créer une sorte de marécage.
De loin, on pourrait croire que le mélange des cultures est à l’oeuvre mais il me semble qu’on devrait aborder ce point sous l’angle de l’enrichissement  plutôt que celui du mélange lorsque l’on parle des cultures. S’ouvrir sur le monde plutôt que se concentrer à l’extrême sur un modèle ou une pensée unique. L’uniformisation de la pensée va bon train.

Un salmigondis d’âneries et de désinformation, voilà ce qu’on nous donne chaque jour à manger. On se couvre (se cache ?) à chaque instant de préjugés, de propagandes et d’idées toutes faites. Du jetable et du recyclable — comme nous !
Par exemple, ma collègue passe son temps à regarder les alertes de 20 Minutes et de Métro (filiale de TF1) sur son téléphone. Elle nage dans ce qu’elle pense être la vraie vérité. Elle laisse les émotions que cette simili-actualité crée entrer en elles — voire la submerger. Ce faisant, elle s’imprègne de cette atmosphère de crise, de violence, de haine, de jugements hâtifs et de raccourcis. Elle en fait sa vision du monde. Et le résultat est qu’elle passe son temps à vivre dans son quotidien des situations « qui la saoulent » ou des « catastrophes », et ponctue toutes ses phrases d’un « c’est pas gagné » ironiquement victorieux. Elle est devenue ce qu’elle lit à longueur de journée…

Et ces masse média sont partout. Ils déploient leurs ramifications dans le quotidien d’actifs déboussolés — et qu’il faut « guider ». Ils nous ballottent entre mauvaises nouvelles et nouvelles menaces. Ils nous font croire n’importe quoi, ils nous effraient et nous promettent une récompense (?) si on reste sage. Avec l’immédiateté des communications on s’imagine qu’on pilote la réalité mais on ne prend plus le temps de réfléchir ou de développer son propre point de vue. On ingurgite à toute vitesse et on s’étonne ensuite de se sentir si mal à l’aise.
On croit que le monde est ainsi, qu’il est pareil partout et que tout le monde sur la planète vit la même chose. Boulot (chiant) – métro (bondé) – dodo (perturbé) : ce serait le lot de chacun ici-bas. Et pourtant… il existe tant de diversités, de situations, d’endroits, de décors, de parcours…

Simplement, la partie du monde à laquelle nous appartenons n’existe que parce que nous lui sommes dévoués corps et âme. Elle nous maintient dans son système parce que sans nous elle n’existe plus. Elle agite devant nous un miroir aux alouettes. Des éclats brillants de gens qui réussissent, qu’elle a soigneusement sélectionné pour nous éblouir et nous faire croire que « oui, c’est possible ». Possible de quoi ? D’avoir et d’être… oui, mais quoi ? D’avoir des biens inutiles, de développer des attitudes superficielles ou de vivre des vies vides de sens ?

Rien ne sert de se battre contre ce système. Cela reviendrait à nous battre contre nous-mêmes. Mais sortir de tout ça est possible. Détourner les yeux et l’esprit. Regarder ailleurs, dans d’autres directions est à la portée de chacun. Il ne tient qu’à nous de faire le premier pas.

Publicités

3 réactions sur “#255 – Niveler par le bas

  1. « C’est la personne humaine, libre et créatrice qui façonne le beau et le sublime, alors que les masses restent entraînées dans une ronde infernale d’imbécillité et d’abrutissement. » – Albert Einstein

Et si tu réagissais ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s