#248 – Hier, j’ai vu

Hier soir, à la faveur d’un dîner entre collègues (pauvre de moi), je me suis soudainement aperçu de la formidable puissance de la pensée « de masse » et j’ai vu la mise en application de deux règles. Celle qui dit qu’il faut se méfier de l’unanimité et l’autre qui dit que c’est celui qui parle le plus fort qui l’emporte.

Nous avons évoqué, pour ne pas dire étudié,  le cas d’autres collègues. Ne connaissant que très peu lesdites personnes,  je me suis gardé de tout commentaire.  Bien m’en a pris. Mais j’ai surtout pris dans la figure cette vérité qui veut que lorsqu’un groupe est unanime sur un sujet (ou au sujet d’une personne), il faut s’interroger et ne pas suivre l’avis de la foule parce que celle-ci se trompe souvent, emportée qu’elle est par sa certitude d’être dans le vrai. Et plus elle est nombreuse, la foule, plus elle est certaine d’avoir raison. C’est un cercle vicieux d’auto alimentation pourrait-on dire. Et qui oserait contredire le groupe ? Telle un être autonome, la foule se crée ses propres convictions et se persuade seule qu’elle détient la vérité. D’après elle, il n’existe aucune autre vérité que la sienne et, si malgré tout c’était le cas, cela ne pourrait être que le fait d’une minorité, ignorante ou divergente, donc négligeable.

Dans la même conversation, j’ai noté avec quelle conviction certains pouvaient se mettre à parler dès qu’il s’agissait de juger les autres ! Quelle verve quand il faut s’en prendre à quelqu’un qui n’est pas là, quand il est question de dire du mal, de décrier, de traîner dans la boue. Et, curieusement, personne pour répondre, pour contredire ou pour rappeler que la personne concernée n’est pas là pour se défendre… Est-ce à dire que tout le monde apprécie ce genre de propos, tant qu’il concerne les autres ? Ce n’est pas impossible. Cela nous rassure peut-être sur notre propre compte. On se sent du côté de ceux qui jugent et non du côtés des jugés, des montrés du doigt. On se sent supérieur.

Hier j’ai vu comme les gens se transforment littéralement quand ils parlent des autres en émettant un jugement de valeur. J’ai eu l’impression qu’ils n’étaient plus eux-mêmes, à moins qu’ils n’aient, précisément, jamais été autant eux-mêmes qu’à ce moment là ?

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2 réflexions sur “#248 – Hier, j’ai vu

    • Oui, tu as parfaitement raison. Et ce qui me dérange le plus finalement c’est de voir avec quelle hargne le groupe peut se déchaîner parfois.
      Malheureusement c’est une réalité que l’on ignore quand on fait justement partie de ce groupe….

Et si tu réagissais ?

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