#234 – Contraint

Je me sens contraint, c’est le mot. Ces derniers jours, ces dernières heures encore, trop de choses m’enserrent, m’oppressent voire me gênent. Mais plus encore que tout cela, la contrainte m’entrave et m’empêche. Être contraint c’est être forcé à, forcé de. Obligé et prisonnier, au final je me sens devenu esclave.
Mais quelles sont ces chaînes qui me tiennent ? Qui sont ces maîtres qui me privent de ma liberté ? Sont-ils si puissants qu’on ne puisse les braver, ou si indispensables qu’on ne puisse s’en affranchir ? J’entends bien, de-ci, de-là, qu’il ne faut pas rêver, que la vie n’est pas que plaisir. La vie ne doit pas… la vie ne peut pas… Nous avons des devoirs, des obligations et donc, pense-t-on, des contraintes. Contraintes de temps, de résultats et de moyens. Mais si ces contraintes n’étaient que des leurres ?

Le temps me manque. Je n’ai le temps de rien. La vie file entre mes doigts sans que je puisse en profiter…! Il y a deux types de temps : celui après lequel nous courrons, qui n’est plus et qui n’est pas encore et celui que nous vivons, qui est le présent. Nous ne possédons pas le temps, le temps ne nous appartient pas. La seule chose que nous pouvons maîtriser est ce que nous faisons de l’instant présent. Sommes nous tout entier dans le moment présent ou sommes nous là à inventorier ce que nous ne pourrons pas faire plus tard, tout en regrettant ce que nous n’avons pas fait auparavant ? Comment employons-nous réellement le temps dont nous disposons « pour de bon » ?
Et que dire de ces jalons temporels que nous nous imposons ? Alarme, rappel, horaire, délai… Prenons nous seulement une fois de temps en temps, le temps de prendre notre temps ? Jeu de mot douteux à part, qu’est-ce qui nous oblige à ce point à courir toujours après la montre ? Sommes-nous cadencés, minutés, temporisés, planifiés ?… Tous ces termes techniques s’appliquent-ils à nos vies comme on les applique aux choses ou aux actions ?

Je ne suis pas bon. Mes résultats sont médiocres. Je vais perdre mon travail car on attend mieux de moi. Sois le meilleur ! Quelle étrange vision des choses. Nous sommes perpétuellement en train de nous challenger à tout, aux autres et, finalement à rien. Certes il faut donner le meilleur de soi… encore que, parfois on a aussi le droit de ne pas être au top, celui qui excelle, celui qui sait tout ou qui est fort en tout. Celui qui est le plus jeune, le plus beau, le plus riche, le plus intelligent, le plus, le plus… Toujours plus. Comment supporter une telle pression alors que nous savons tous que nous ne sommes pas parfaits, loin de là. Il y a toujours mieux, toujours meilleur. Peut-être faut-il faire preuve d’humilité et l’accepter, tout simplement ? Peut-être faut-il reconnaître son potentiel, même s’il est faible ? L’important n’est-il pas de progresser et, plutôt que de courir après l’utopie de la perfection, sans doute devrions nous commencer par reconnaître ce que nous faisons déjà bien ? N’est-ce pas, comme pour le temps qui nous manque, une course perdue d’avance ? La (seule) solution n’est-elle pas la pleine conscience de notre capacité intrinsèque et notre façon de la développer selon nos propres rythme et envie ?

Je n’ai pas les moyens de… Je manque d’argent. Je ne peux pas m’offrir toutes ces choses qui me font pourtant très envie ! Quelles sont vraiment ces choses ? Où se trouve la richesse ? Où commence la pauvreté ? N’y a-t-il que l’argent qui fasse la plénitude d’un homme ?  Oui j’aimerais gagner plus d’argent pour ne pas avoir à me soucier de pouvoir subvenir à mes besoins. Mais j’y subviens déjà largement alors quel est ce souci dont je voudrais m’épargner le fardeau finalement ? N’est ce pas là encore une chose utopique après laquelle je cours sans espoir de l’attraper ? Des biens matériels,  des possessions,  des choses… tout un bric à bras qui remplirait ma vie si vide de sens. De quoi ai-je réellement besoin,  me suis-je seulement une fois posé honnêtement la question ? Est-ce le bling bling qui me fait envie, comme le brillant d’un morceau de papier d’aluminium ? N’y a-t-il donc rien d’autre de plus essentiel ? Et enfin, comment est-ce que je compte le gagner cet argent ? Quelle valeur est-ce que je donne à mon travail. Finalement cette contrainte là aussi n’existe que parce que je ne suis pas à ma vraie place.

Les contraintes que je ressens ne sont que des déséquilibres entre moi et …moi. Une sorte de torsion entre ce que je suis, ce que je souhaite et ce que je fais. Être en phase avec soi-même c’est d’abord reconnaître qu’on n’agit pas comme on le devrait, non pas comme les autres attendent que l’on  agisse, mais comme notre « guide intérieur » nous encourage à le faire.  En clair, faire sauter les contraintes,  c’est tout simplement être soi-même.  Mais c’est plus difficile que ça n’y paraît.

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