#227 – La chambre d’hôtel

J’ai une vision de chambre d’hôtel, clair, presque blanche.
La porte fenêtre de droite est occultée par un rideau fin qui volette sous les effets du vent léger qui se promène dans les rues de la grande ville, plus bas, bien plus bas. Derrière le voile je distingue les nuages qui s’étalent sur le ciel bleu. Ils avancent si doucement que leur marche est imperceptible. On dirait qu’ils font du sur place.

Une table en acajou sert de support à un vase blanc rempli de fleurs. Des fleurs en forme de grosses boules rosâtres et des feuilles presque blanches en dessous et vertes foncées au dessus, duveteuses. Les boules de pétales sont si grosses qu’elles ploient sur leur propre poids. Elles embaument et leur parfum se diffuse dans toute la chambre, guidé par le vent qui a écarté le rideau juste avant.

Le lit est défait. Les draps blancs sont regroupés en une sorte de vague écumeuse au milieu de la couche. Elle n’attend que mon signal pour s’affaler sur le rivage. Elle m’enveloppera peut-être de sa chaleur tout à l’heure ?
Mais pour l’instant, je ne me baigne plus dans l’océan de ce grand lit éblouissant de lumière. Le baldaquin en bois simple et foncé monte haut vers le plafond mouluré et les fines voilures de couleur claire qui pendent sur ses côtés font penser immédiatement à un bateau. Embarcation fragile posée sur la moquette feutrée de cette chambre cossue.

Un fauteuil profond et accueillant me tend les bras juste devant. Îlot de verdure au milieu de la blancheur ambiante, il semble s’arrondir pour me dire « viens ».  Ses pieds s’arquent doucement pour mieux me montrer combien son coeur est accueillant.

La porte de la salle d’eau est restée entre ouverte. J’entends l’eau qui coule sur ton corps, généreuse et sensuelle. Les gouttes éclatent partout sur toi, glissent, se faufilent et se perdent en circonvolutions autour de ton cou, des tes bras, de tes jambes. Elles s’enfuient doucement après avoir tour à tour caressé ta peau. Elles ont rempli leur mission et se sont gorgées de ton parfum dans un clapotis charmant.
Tu me rejoindras dans quelques minutes. Tu entreras dans la lumière. Je te regarderai; je poserai mes yeux sur toi. J’essaierai d’être à la hauteur, bienveillant et rassurant.

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