#209 – En finir avec la vie

Il y a parfois des êtres qui décident d’en finir avec la vie. De mettre fin à leurs jours, de se donner la mort. Que peut-on en dire, quels sentiments et quelles réactions nous imposent ces actes ? Comment les qualifier ?

Je suis passé par une « phase suicidaire » dans ma vie, mais je crois que fondamentalement je ne serais pas parvenu à passer à l’acte. M’ôter la vie est sans doute au-dessus de mes capacités à moins que ce ne soient mes capacités qui sont « suffisantes » pour m’empêcher de commettre l’irréparable ? Mes capacités sont conditionnées par mes valeurs et mes croyances. Sans doute mon système de croyances est-il donc fait de telle sorte qu’il n’inclut pas ma capacité de me suicider.
Dit autrement, j’attache sans doute doute à la valeur « vie » une croyance qui dirait « qu’elle vaut la peine d’être menée jusqu’au bout ». Et pour cela je pars également du postulat que les problèmes ne sont pas éternels et qu’il existe toujours une solution, quelle qu’elle soit… sauf celle de se suicider.

Certains disent que mettre un terme à sa vie est un acte lâche parce que c’est fuir ses responsabilités. D’autres estiment que c’est un acte de courage sans équivalent car il faut pouvoir dépasser son instinct de survie.
Personnellement, je pense que c’est surtout un acte auquel nous sommes poussés, indépendamment de notre volonté. En arriver à croire qu’il n’y a pas d’autre issue, rien d’autre à faire, plus aucune solution… tout cela me paraît tellement extrême. Il me semble que cette façon de penser ne correspond pas à la Nature humaine. Je ne crois pas que nous cultivions l’idée que si la vie tourne mal, « nous n’aurons qu’à » y mettre un terme. Cette « suggestion » serait donc induite par de puissants mécanismes qui altéreraient notre conception de la vie. Et ces mécanismes seraient mis en place par la maladie : la dépression. Terme fourre-tout s’il en est, la dépression est insidieuse dans la mesure où elle est installée depuis bien longtemps le jour où sa victime prend conscience que quelque chose ne tourne pas rond. Et parfois c’est trop tard…

Je ne sais pas précisément comment agit la dépression sur notre système de pensée. Tout ce que je crois savoir c’est ce qu’on mon médecin a bien voulu m’expliquer à l’époque. En fait, cette maladie coupe la transmission de certains influx ou messages dans le cerveau. Dans ma vision, elle empêche les messages « d’espoir » et de « capacité à surmonter les problèmes » d’arriver à notre conscience et fait en sorte de ne laisser passer que « désespoir » et « désemparement ». On se sent alors complètement incapable d’imaginer une autre issue. Et les antidépresseurs servent justement à rétablir les liaisons coupées.

On pourrait en conclure que nous sommes peu de chose, marionnettes aux mains de courants électriques et de formules chimiques. Ce ne serait pas totalement faux. Cependant, je crois aussi que nous pouvons faire en sorte de cultiver un état d’esprit rempli d’une certaine forme d’espoir. Entretenir l’idée que je citais plus haut :  les problèmes ne sont pas éternels et il y a toujours une solution.
Même s’il existe des facteurs physiques favorisants (la façon dont est fait notre système de communication nerveuse), la dépression est sans doute davantage liée à nos apprentissages et nos histoires. Dès lors c’est donc bien à nous, via notre comportement, nos valeurs et nos croyances de ne pas laisser nos « liaisons chimiques » se détériorer.

C’est sans doute plus facile à dire qu’à faire, encore que le dire, c’est déjà un peu le faire…

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2 réactions sur “#209 – En finir avec la vie

  1. Je lis ton article alors que j’ai deux amies dans une plus ou moins grave phase de dépression, et je l’espère, pas dans une phase suicidaire. Mais ce que tu dis à propos de « liaisons coupées » permet de mettre des mots sur ce que j’avais cru comprendre. Et en effet j’ai l’impression que cultiver un état d’esprit positif est bien plus difficile à faire qu’à dire dans un cas de dépression. Le suicide est une chose à laquelle je n’ai pas été confrontée (et j’espère jamais mais on ne sait pas ce que la vie nous réserve) mais je pense qu’il est bien d’en parler comme tu le fais.

    • Parler de suicide n’est pas chose aisée. Mais pour autant je crois que ça doit rester un sujet somme un autre car cela fait aussi partie de notre vision du monde. Que nous ayons été ou pas confrontés directement au suicide, nous ne pouvons pas rester sans réaction devant cet acte si violent.
      Merci pour ton commentaire.

Et si tu réagissais ?

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