#178 – Il y a la Crise et la Crise

On entend partout dire que le budget des Français va mal. Qu’ils paient trop d’impôts, que les prix sont trop chers, que leur pouvoir d’achat se réduit à vue d’œil… Bref, on entend dire partout que c’est la crise. Et le pire, c’est que c’est vrai ! Les prix en France sont plutôt élevés — il n’y a qu’à voir le montant des loyers pour comprendre dans quelle fourchette on se situe –, les salaires sont à la traîne et les taxes ont toujours été importantes.

Pour autant, toute cette journée durant laquelle j’ai travaillé, j’ai croisé des centaines, voire des milliers, de gens affairés à acheter. Acheter jusqu’à s’en faire éclater le porte-monnaie. Acheter encore et toujours.
Peignoirs qui peluchent, DVD de film médiocre, livres de gare, objets de déco de mauvais goûts, appareils plus inutiles les uns que les autres… Des écharpes de toutes les couleurs, des pulls, des robes, des bonnets. La panoplie du parfait rhabillé !

La folie s’est emparée de toutes ces personnes. Mais qu’est-il donc tombé dans leur escarcelle pour qu’ils aient subitement les moyens de dépenser autant argent dans des choses sans aucune valeur ? La crise, la grande crise, se serait-elle soudainement effacée à la faveur d’un treizième mois miraculeux ou d’une prime imprévue ? A moins que les clients que j’ai vus aujourd’hui ne soient pas ceux qui souffrent, qui sont sans emploi, qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts ? Pourtant si, ce sont les mêmes. Ils sont métamorphosés, même s’ils continuent de se plaindre de la cherté de la vie…

Alors quoi, sous prétexte que les temps sont durs on aurait pas le droit de s’offrir un petit quelque chose à Noël ? Bien sûr que si, sauf que là, aujourd’hui, ça frisait l’indécence ! Un juste milieu aurait été bien vu. Mais au lieu de cela on se serait cru assistant à une orgie d’achats, une surenchère : toujours plus et plus inutile encore. Car faussement on croit que plus on offre de biens matériels — accessoirement totalement futiles — et plus on fait plaisir (on se fait plaisir parce qu’on se croit aimé). Or ce ne sont pas les objets qui lient les êtres humains entre eux ce sont les sentiments. Les objets ne créent pas de sentiments. Ils remplissent des tâches et comblent des besoins matériels. Mais pour le reste, on ne peut pas compter sur eux. Inutile donc de chercher à les entasser pour s’assurer la reconnaissance et l’amour des autres. Au contraire, on gagnerait peut-être en sympathie si on arrêtait de croire que notre cœur se mesure à la taille de nos paquets…  il serait temps de songer à offrir autre chose, autrement.
Je sais que ça paraît naïf dans un monde où on court après des possessions et des marques, mais que voulez-vous, on est rêveur ou on ne l’ai pas…

Joyeux Noël à tous !

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