#164 – Toulousains

Tous les beaux garçons de la terre s’étaient donnés rendez-vous à Toulouse aujourd’hui. Assis sur son banc, un peu glacial, coincé quelque part entre le Relais H et le Paul, Hubert regardait les gens déambuler dans le hall de la gare de Toulouse Matabiau. Il y avait une vieille femme assise sur le banc en face de lui. Elle avait au moins trois sacs et une valise avec elle. Elle squattait deux fauteuils à elle seule et boulottait une espèce de viennoiserie informe. On aurait presque pu la prendre pour une vagabonde échouée dans une gare à son air l’air pas très net, tant mentalement que physiquement. Mais en réalité elle était juste un peu préoccupée et naturellement froissée. C’est alors qu’Hubert vit un tout jeune homme s’approcher de lui, tout doucement, comme un petit animal craintif. Il courbait peu l’échine et tenait dans ses mains une pochette en carton dont les élastiques retenaient des feuilles blanches. Il avait aussi un stylo Bic, également pendu à un des élastiques. Hubert savait qui il était parce qu’il l’avait vu avant de s’asseoir. Il interrogeait des usagers de la gare, mais Hubert ne connaissait pas le sujet de ses questions. Il fut étonné, non pas que le garçon se présente comme étudiant, mais qu’il le questionne sur ses connaissances des produits issus de la « filière paysanne » (sic). Il était si timide qu’il osait à peine parler à voix haute. Hubert fit ce qu’il put pour le mettre à l’aise mais son air fermé et un peu hautain ne jouait pas en sa faveur… Une fois l’étudiant parti, Hubert eut plaisir à regarder deux hommes qui discutaient deux rangées plus loin. Tous les deux bruns avec une barbe de trois jours. Moins de trente ans et des vêtements de sport. Les membres d’un club ? Il n’osait pas trop les regarder, de peur qu’ils ne le remarquent.

Un peu plus tard, au fast food de la gare, Hubert eut tout le loisir, cette fois, d’observer un bel homme aux épaules larges, aux cheveux clairs et aux yeux bleus ciel. Il ne pouvait pas voir Hubert parce qu’il était dans la rue alors qu’ Hubert était attablé dans le restaurant. Enfin, attablé est un bien grand mot. Il faudrait pour cela imaginer qu’aller au fast food soit synonyme de manger… Mais passons.

Hubert avait vraiment beaucoup de temps d’attente dans cette gare très austère. Ou beaucoup de chance, c’est selon. Il croisa un beau black, accessoirement de la SNCF, deux policiers tout à fait à son goût et un jeune homme qui, d’ailleurs, le dévisagea assez longuement. Plutôt mignon. Mais Hubert ne répondit pas aux regards appuyés de cet inconnu. Allez savoir pourquoi ?

Quand vint enfin l’heure de son train, il constata avec étonnement (et ravissement) que la série continuait. Décidément les hommes qui prenaient le train à Toulouse étaient tous bâtis comme des dieux ou, plus modestement, comme des rugbymen ! Pas de doute là dessus, il devait y avoir un secret local qui rendait les hommes ténébreux, virils et terriblement séduisants.
Le train parti enfin. Il était plein de jeunes militaires qui s’en retournaient dans leur foyer… Hubert s’endormit presque aussitôt. Essayez de deviner à quoi il a rêva ?

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