#156 – La fin de la route

René trouve que le temps passe trop vite. Il n’est pas le seul… Jean, Franck, Paul et les autres le pensent aussi.
René se dit que bientôt sa vie atteindra le bout du chemin, la fin de la ligne droite, le point de non retour. Il se sent lancé à toute vitesse dans une course éperdue et perdue d’avance. Après quoi court-t-il ? Après qui ? Il n’en a jamais eu la moindre idée, mais plus il y réfléchit et plus il a le pressentiment que c’est après lui-même qu’il cavale. Une intuition de ne pas se connaître et de n’y parvenir jamais… faute de temps.
Un point dans le firmament, une étoile filante : ainsi a-t-il parfois envie de résumer son existence là où d’autres parlent de goutte d’eau dans l’océan. René ne croit pas en la survie de l’âme après la mort. Pour lui, ce qu’on appelle « âme » n’est que le résultat de l’activité électrique du corps. L’âme n’a donc pas de réalité en soi, sa durée de vie n’est pas dissociable de celle du corps.

René s’agite comme un beau diable, les pieds sur terre et la tête dans les soucis. Il mène sa vie du mieux qu’il le peut — enfin c’est ce dont il se persuade –, mais ne peut s’empêcher de croire qu’elle aurait sans doute pu être bien différente. Elle aurait pu être plus riche, plus cultivée, plus douce, plus joyeuse, plus émouvante, plus, plus… Pourquoi s’est-elle finalement contentée d’être moins ? Est-ce la faute de son destin, de ses origines ? Ou est-ce tout simplement de sa faute à lui ? Qu’a-t-il fait, ou que n’a-t-il pas fait justement pour que son passage sur terre ne soit qu’un tournoiement sur lui-même ? Une pirouette et puis s’en va…
Pourquoi certains « élus » ont des destins extraordinaires parmi les hommes, alors que la majorité des hommes, précisément, ne naît que pour mourir comme elle a vécu : dans l’anonymat le plus total ? Serait-il possible que ceux-là aient réussi à se connaître eux-mêmes ?

René se demande combien de temps encore il va se contenter de regarder le paysage défiler ? Il s’interroge : a-t-il les moyens de faire autre chose ? De faire autrement ? Faut-il qu’il change, qu’il innove, qu’il se dépasse… ? René se pose beaucoup de questions…
Il ne voit pas la fin de la route qui arrive… trop vite.

 

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