#152 – Ci-git un Téméraire

Que dire de Xavier ? Qu’il était intrépide, exalté, violent avec lui même et avec les autres ? Qu’il était puissant et  profond, tout autant que persévérant et courageux.

Depuis toujours Xavier faisait montre d’un tempérament hors norme. Il était toujours combatif et déterminé. Pour autant que je m’en souvienne, je ne l’ai jamais vu renoncer ou faire marche arrière. Il n’a jamais renoncé à défendre ses idées, ses convictions ou ses principes. Engagé il n’a pas hésité à prendre position et à emmener les autres au front avec lui. Un peu militant sur les bords il s’est pourtant toujours méfié des étiquettes quelles qu’elles soient. En un mot, il a toujours été indépendant.

Pourquoi a-t-il sombré, je n’en ai, comme tout le monde, qu’une vague idée, et je ne puis être que parcellaire dans mon analyse. Lui qui ne se serait jamais laissé impressionner par un combat quel qu’il soit avait finalement baissé les bras face à lui-même. Ses propres démons l’avaient détruit alors même que personne ne les soupçonnait !
Au départ il y avait au cette passion avec Thierry. Un coup de foudre ou, dirons certains avec le recul, un coup de tonnerre dans un ciel bleu. Thierry avait été celui qui avait dompté l’animal impétueux, le prédateur, l’étalon fou. Thierry était aussi celui qui l’avait mis à terre lorsqu’il l’avait quitté, ouvrant une brèche immense dans la carapace du téméraire Xavier. Qui aurait pu croire que ce dernier ne s’en relèverait pas ?
L’entourage de Xavier ne s’inquiétait pas. Même si Xavier accusait le coup, chacun était persuadé qu’il se remettrait bien vite de cette « amourette » que personne n’avait pris au sérieux. Pourtant pour Xavier, Thierry était tout. Son but, le sens de sa vie, sa bouée, sa boussole, son phare. Sans Thierry, Xavier se serait de toute façon brûler les ailes. Il l’apaisait, l’aidait à prendre du recul ou mieux, de la hauteur. Il calmait ses terreurs et rassurait ses doutes. Il lui donnait tout ce dont ces combats le privait et notamment la paix et la sérénité. Xavier y croyait, il voulait se laisser glisser dans cette quiétude méritée, raccrocher les gants de boxe en quelque sorte. Mais voilà il n’y arrivait pas et Thierry se lassait ou s’essoufflait. Et il a finit par partir.

Le vide que le départ de Thierry avait laissé dans la vie de Xavier était sans commune mesure. Et Xavier n’avait pas pu ou pas voulu surmonter une telle masse de solitude et de peur. Il s’était laissé ensevelir sous elle. Lui, le si fringant guerrier, le bout en train, celui qui tenait tête s’était couché devant l’adversité pour la toute première et la toute dernière fois de sa vie.
Cette histoire assez banale me rappelle que nous avons tous nos petites faiblesses qui sont nos grandes vulnérabilités et que nos traits de caractères les plus marqués sont souvent destinés à masquer ces fragilités insoupçonnables.

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