#123 – Et après la rupture

Michel m’a quitté en octobre 2007. Il m’a laissé un affreux soir d’automne. Pourquoi m’a t on toujours quitté le soir ? Jamais le matin au saut du lit, ou le midi à la pause déjeuner ? Toujours lorsque l’obscurité tombait, comme le voile sur une vie qui ne se serait pas levée.  Ou était-ce pour renforcer le côté tragique et sans retour de ces histoires qui s’achèvent ? C’était romanesque sans doute mais rien d’autre.

Apres cette rupture, les galères ce sont enchaînées. J’allais si mal que je ne parvenais plus à me lever de mon lit. Je voulais que l’on m’oublie ici, qu’on me laisse pourrir et qu’on arrête de me bassiner avec des contre vérités telles que « un de perdu, dix de retrouvés ». Pourtant, bien que cette volonté de disparaître fut, à cette époque, sincère, je n’avais pas pu m’empêcher d’appeler ma sœur et de lui jeter tout mon chagrin à la figure. Comme de bien entendu, elle avait accourue à mon chevet et m’avait bercé de sa douceur de vivre et de sa (fausse) sérénité, pour que je retrouve moi aussi un peu d’apaisement et de sommeil. Mais j’étais hanté par le souvenir de Michel, ces affaires qui traînaient encore par ci par là dans l »appartement (appartement que je n allais d’ailleurs pas pouvoir garder bien longtemps). Chaque matin je pensais remonter la pente et chaque soir je dégringolais de nouveau.

Je n’allais plus travailler. Dans les premiers temps je bénéficiais d’un arrêt maladie. Mais très vite il n’en fut plus question et je me retrouvais sans travail et pour ainsi dire sans ressources, tous les torts étant de mon côté. Je vendais les quelques meubles qui restaient dans l’appartement et emménageais chez ma sœur et mon beau frère. Pathétique, je me retrouvais assisté, moi, qui si longtemps avait été l’exemple de la famille pour mon indépendance et mon énergie ! Sans eux je me serais retrouvé à la rue, sans aucun doute.

Ce fut encore une fois ma sœur qui me sortit d’affaire (sans doute motivée par l’envie de me voir quitter son domicile). Elle me dégota un travail chez Albert, un vieux monsieur de 84 ans. A laver, à nourrir, à promener. Bref, à maintenir en vie. Je pensais que ce ne serait pas si affreux d’avoir un peu de compagnie, même celle là. De plus, j’étais logé, nourri et blanchi. J’acceptais donc et me présentais au domicile d’Albert, Avenue Niel, un lundi matin du mois de mars.

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