#92 – Tracas à partager

H. s’était promis de ne plus parler du travail à la maison. C’était une source de tension. H. estimait qu’il était déjà assez sous pression la journée lorsqu’il bossait, sans devoir encore l’être le soir à la maison.

Tout avait commencé lorsque H. s’était ouvert du fait qu’il était mal à l’aise sur son lieu de travail et qu’il soupçonnait ses collègues de médire sur son dos. Il en était convaincu : il agaçait les autres et ces derniers ne pouvaient plus le souffrir. Pire, ils lui glissaient des peaux de bananes sous les pieds pour qu’il trébuche. Des petits coups dans le dos, des pics et des pièges : c’était le lot de H. depuis quelques semaines.
Il avait pensé trouver un peu de soutien auprès de R., son compagnon. Au lieu de cela, R. s’était agacé de l’attitude de victime de H. et lui avait asséné un cinglant « Tu es parano, tout le monde ne complote pas contre toi ! ». Il avait douché les élans de H. et le reste de la journée avait été pour le moins très tendue. Bien que maladroite, la réplique de R. avait eu au moins le mérite de faire réfléchir H. sur son attitude et sur le fait que poser sur la table du salon les petites querelles du boulot n’apportait rien à part des ennuis et des incompréhension dans son couple.

Du coup H avait décidé de ne plus évoquer le travail, sous quelque prétexte que ce soit, une fois rentré à l’appartement. Mais tout de même, c’était très dur de n’avoir personne à qui parler des tracas — ou des joies — du quotidien ! H. se trouvait souvent désemparé, à ne pas savoir quoi dire à R. Passer 10 ou 12 heures au travail et ne pas pouvoir en parler à celui qui partage sa vie : une vraie torture.
Mais vaille que vaille, H tenait bon. Il n’y aurait plus de son, plus d’image. Il n’ennuierait plus R. avec ses histoires et il n’aurait qu’à trouver d’autres sujets de conversation. Bien que peiné de ne pas trouver le soutien qu’il attendait de son ami, il se disait que finalement ce n’était pas le rôle de celui-ci. Que R., de toute façon, ne pouvait pas prendre partie et qu’il ne saurait pas être objectif, influencé qu’il est par sa tendresse pour H. Donc, ne plus évoquer le sujet était sans doute ce qu’il y avait de mieux à faire…

Reste que H. ne savait pas à qui confier ses soucis professionnels.
C’est alors qu’il eut l’idée de l’écrire dans son blog…

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