#62 – Liberté de mouvement

Alors qu’il ne peut plus rien faire seul désormais, muré dans le silence, prélude à la fin annoncée, A. se remémore l’époque oú il était en pleine possession de ses moyens.

Il se rappelle très précisément le temps oú il courrait à perdre haleine dans la forêt, les jours d’été chez sa Mamie. Il se souvient des courses en vélo avec les copains, quand ils dévalaient à toute allure des descentes vertigineuses. Il se remet en mémoire les jeux, le sport, la danse : tous ces mouvements désormais improbables.

Il y repense maintenant : le temps oú il travaillait, très dur au début de sa carrière puis de manière moins physique vers la fin. Il ne comptait pas ses heures, il n’écoutait que son ambition même s’il pestait parfois contre ce patron qui l’exploitait. C’était le bon temps de travailler, d’être capable, de se donner. Il courrait tout le temps. Après le boulot, après le temps, après les filles aussi…

Il se plaît à se souvenir des nuits d’amour parfois fugaces, parfois tendres et parfois passionnelles. Des filles douces, fermes, souples à la peau sucrée. Une avalanche de plaisir à chaque fois, au bord du gouffre. Une explosion, une fête.

Maintenant que seule la mort l’attend, assis près de la fenêtre de sa chambre, à la maison de retraite du Bon Repos, rien ne le réconforte plus que ses souvenirs, instants fugaces si vite éteints.

Publicités

Et si tu réagissais ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s