Nous y voici

Maintenant que je l’avais annoncé, je ne pouvais plus me défiler. Si j’avais voulu faire machine arrière, il aurait fallu que je trouve une vraie raison, une raison énorme, tellement énorme qu’elle aurait paru invraisemblable. J’avais fini par abandonner cette idée.
Pour me mettre en confiance, j’avais changé la photo de fond et j’avais relu un peu (mais pas trop) les textes précédents. Ça m’avait un peu excité toute cette agitation autour d’un non-évènement.

Un an après avoir arrêté d’écrire (pour le coup sans mot dire), la tâche semblait facile. Revenir l’air de rien, faire un come-back, et même une renaissance, pourquoi pas ? Oui, facile. Un peu comme la star qu’on aurait presque oubliée — mais qu’on aurait tout de même gardée dans un coin de la tête — et dont on aurait attendu le retour avec impatience en se disant « tiens, il est pas mort ? ». Mais quand j’ai commencé à réfléchir à ce que j’allais bien pouvoir publier, des tas de raccourcis et de clichés sont venus encombrer mes pensées. Il ne me venait que des formules un peu niaises comme « Après 1 an, j’ai tant de choses à vous raconter… » Non, ça n’allait pas.

Il faut dire que je n’avais pas très envie de raconter ma vie. Enfin, pas directement, pas complètement, pas tout d’un coup. D’un côté il y aurait eu plein de choses à en dire et, d’un autre, toutes ces choses n’auraient eu de relief que pour moi. Ceci dit, je crois me souvenir d’avoir penser tout haut dans un vieil article qu’on écrit que pour soi, en réalité.

Comme je n’arrivais pas vraiment à savoir ce que j’allais écrire, j’en étais arrivé à définir la façon dont j’allais le faire. Je choisissais méthodiquement un jour de publication unique par semaine. Je tombais d’accord avec moi-même pour le samedi. C’était bien le samedi, ça me paraissait idéal. Et puis surtout c’était plus pratique quand on avait pas le temps d’écrire le reste de la semaine (ou quand on ne veut pas trop se mettre la pression et qu’on prépare son article toute la semaine pour le publier le samedi… je le dis parce que ceux qui vont (peut être) me lire l’auront (peut être) compris).
Je choisissais aussi un ton, une tournure. Ou plutôt je rêvais à la tonalité que j’aurais aimé pour mon blog. A la fois détaché et cool, limite un peu niais, et en même temps un peu subtil et un peu fin de temps en temps. Du coup, j’optais pour une sorte de mise en abîme : un blogueur qui se raconte dans le blog d’un autre. Ce  n’était pas encore très clair — voire pas clair du tout — et c’est pour ça que je me disais que ça serait sûrement très compliqué de tenir ce style.

Avec toutes ces réflexions je n’étais finalement pas beaucoup avancé et je ne savais toujours pas ce que j’allais écrire… Je décidais de me lancer, de me laisser porter par les mots en quelque sorte, sachant pertinemment que ça ne mènerait pas forcément loin. Le résultat n’était pas à la hauteur de mes espérances, comme je m’y attendais. Cependant, je décidais que j’étais presque dans le ton que j’avais décidé d’emprunter et que je n’en disais pas trop sur moi, tout en en disant pas mal quand même (et pour avoir l’air subtil, je rajoutais dans mon texte : ) pour ceux qui savent lire entre les lignes… Je décidais donc d’appuyer sur le bouton « Publier ». Nous étions le 16 mars 2013. Je signais mon retour.

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