Le réseau

Le nouveau cadencement de mes semaines ne me permet plus de faire beaucoup de sport, comme c’était encore le cas il y a seulement 3 ou 4 mois. Je n’aurais jamais imaginé dire cela un jour, mais le sport me manque et je me sens frustré de ne plus pouvoir le pratiquer à ma guise. D’ailleurs pour tout dire, je ne pensais pas que faire du sport apportait une telle libération (à mon sens bien plus spirituelle que physique) et que, du coup, ça avait une telle influence sur (la confiance en) soi.
Je ne suis ni médecin ni patient éclairé, mais je crois bien que tout est lié lorsque l’on parle du « mental », du psychisme.  Le bien être, le plaisir, la confiance et la séduction ; ou au contraire le mal être, la souffrance, la peur et la répulsion découlent tous de dispositions particulières de notre esprit (et peut être même de simples substances chimiques : on est bien peu de chose). Aussi suis-je intimement persuadé, mais sans jamais pouvoir le prouver si ce n’est en tentant de prendre un peu de recul sur ma propre activité, que faire du sport, par exemple, permet en partie de délier certains noeuds qui empêchent ces fameuses dispositions particulières (ou ces fameuses substances chimiques) de se mettre en place correctement. Evidemment, ça n’est pas la panacée, loin s’en faut. Pourtant je sens que c’est essentiel… mais peut être cela ne vaut-il que pour moi ?

Pour avoir subi une sévère dépression entre 2004 et 2005 – qui aura été la première et, je l’espère et m’y emploie, restera la dernière -,  je crois comprendre à quel point il et compliqué de restaurer un état d’esprit qui se serait « détraqué » en quelque sorte. Lorsque je me suis étonné (ça n’a pas été tout de suite le cas) que des médicaments (des substances chimiques, cqfd) réussissent à soigner ma tête là où tout le réconfort et toutes les bonnes intentions (et les bonnes paroles aussi) avaient échoué, je me suis douté que tout ça n’était finalement qu’une question d’entretien de mon réseau mental. Entretenir ledit réseau ? Eh bien c’est penser à reboucher les trous de temps en temps et à enlever les mauvaises herbes qui envahissent tout. Ca ne demande pas beaucoup d’efforts, en fait… si tant est que ce soit fait régulièrement. Un petit plaisir (revoir un ami et se nourrir de sa joie de vivre – les fourmis, entre autres, le font avec la trophallaxie), une petite stimulation (apprendre, lire, découvrir quelque chose de nouveau pour soi), une inspection régulière (prendre du recul), quelques tests (se remettre en question) et de la fluidité à l’ensemble (et je crois que faire du sport par exemple y contribue). De là à dire qu’une dépression n’est ni plus ni moins qu’un gros bouchon dans la circulation psychique d’un individu il n’y a qu’un pas…

Alors bien sûr – pour continuer sur cette métaphore du réseau – il y a forcément des accidents de parcours, des ponts qui s’effondrent, des trous qui se forment, des routes qui s’avèrent être des culs de sac, des tunnels qu’on n’imaginait pas si longs… Oui, il y a la vie qui fait que, justement, c’est encore plus passionnant. Trouver de nouvelles voies, faire demi-tour, obliquer, serrer, contourner, faire la pause de temps en temps… Mais quoi qu’il en soit – coûte ? -, continuer.
Je ne sais pas réellement quel est mon but dans la vie. Je ne sais pas où je veux aller précisément… Ce que je sais simplement c’est que, quitte à faire des erreurs, je ne veux pas me perdre une nouvelle fois en route car retrouver le chemin de soi est une épreuve très difficile.

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13 réflexions sur “Le réseau

    • Malheureusement, tout ce qui semble simple à conceptualiser n’est pas forcément simple à mettre en oeuvre. C’est un peu ce qui nous différencie des animaux ou des enfants qui mettent en oeuvre sans conceptualiser.
      Et si c’était la notion de concept le problème, hein?

      • Oui, peut être as tu raison et peut être nous faisons nous nous même des noeuds (bouchons ?) au cerveau, là où il n’y a absolument pas matière à se compliquer l’existence (elle l’est déjà bien assez comme ça) !

  1. Tu vas prendre ton rythme. Tout ne peut se mettre en place en quelques jours. Des choix sont indispensables au début, même s’ils changent ta façon de vivre au quotidien aujourd’hui. Puis le temps venant, tu trouveras instinctivement ce qui te convient. Tu vas passer par plusieurs étapes, c’est normal (je sais de quoi je parle). Courage.

    • Mais je me sens bien… C’est justement ce que j’ai voulu dire dans ce billet. Tu l’as sans doute interprété différemment. Comme quoi on est jamais sur d’être compris de tous.

  2. L’esprit et le corps ne sont que les deux aspects d’un même ensemble, j’en suis convaincu. Pour moi les avertissements de l’un sont à prendre en compte si l’on veut protéger l’autre.
    PS : tu as été tagué sur agayfriday…

Et si tu réagissais ?

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