Une couche en plus

Déjà préoccupé par mon changement de travail et tout ce qui en résulte (recherche d’appartement, déménagement à organiser, formalités en tous genres, crainte de ne pas être à la hauteur, etc.), me voici désormais au coeur d’une nouvelle aventure. Une histoire qui avait tellement peu de chances de m’arriver que je me demande encore si elle est réelle.

Pour faire court, j’ai rencontré un garçon, au demeurant tout à fait charmant. Cela s’est passé dans la nuit de samedi à dimanche, lors d’une soirée outre Rhin. J’avais, je crois, déjà évoqué ces soirées organisées par une association LGBT et qui ont pour but de récolter des fonds. Ca ressemble à une soirée en boîte sauf que ça n’est pas du tout la même ambiance. Déjà ça ne se passe pas dans une discothèque mais dans une salle privée. Ensuite il y a beaucoup moins de monde (car il faut connaître) et enfin l’ambiance y est beaucoup plus conviviale (notamment par le fait que s’y côtoient des Allemands, des Français, des Suisses…). Précisons aussi que les prix de l’entrée et des consommations sont très abordables. Bref, le genre de soirée qui me plait. Une nouvelle fois, donc, je m’y suis rendu avec quelques amis. Je n’avais pourtant pas très envie de sortir, n’ayant pas reçu mon compte de sommeil au cours des nuits précédentes. Mais une fois là bas, la musique a raison de mon peu d’enthousiasme et finalement la soirée avance dans la bonne humeur.

A la vérité, je ne prête guère attention aux autres danseurs. Bien sûr, il y a toujours un jeu plus ou moins explicite de séduction dans ce genre d’endroits. On échange des regards, on adopte certaines  attitudes, parfois on se frôle et on se sourit, mais ça en reste là. En tout cas c’est ainsi que les choses se passent de mon côté. Il y a tout de même une exception à mon indifférence générale : ce garçon avec sa casquette dont le déhanché sur la piste m’attire sans que j’en comprenne vraiment la raison. Il est grand, plutôt carré et semble totalement se désintéresser de ma personne ce qui, finalement, ne manque pas de me piquer. J’en suis là quand, sans crier gare, il s’approche de moi. Un petit signe de la tête pour me saluer – ou pour me faire comprendre que je ne le laisse pas indifférent –  et dès lors je me retrouve plongé dans un océan de tendresse. Ce mec est terriblement sensuel, certes, mais il est surtout très affectueux. Sa façon de me prendre la main, de me tenir, de m’embrasser… Bref, nous y sommes ! L’histoire se noue sous mes yeux incrédules. Quant à mon cerveau il a été mis hors circuit par la puissante association de mes hormones et de mes élans romantiques.

La soirée s’achève et vient le moment où la musique s’arrête. S. m’adresse alors la parole … dans un allemand parfait. Et moi de lui répondre dans un français tout aussi fluide. Heureusement que l’anglais existe. Dans ma confusion je me dis quand même que j’ai bien fait de me remettre à la langue de Shakespeare. Bien que très hésitant le dialogue s’instaure entre nous. Je parviens à lui expliquer que je ne suis plus sur la région que pour quelques semaines, ce qui semble le décevoir profondément. Aussi je m’empresse de lui dire que je serai amené à revenir très souvent en Alsace dans le cadre de mon nouveau job et, assez rapidement, nous échangeons nos numéros de téléphone. Sur le moment je ne me pose pas vraiment la question du bien fondé de cet échange de coordonnées. Après un échange de salives on peut bien s’échanger des numéros, non ?
C’est le lendemain que commence à poindre la perplexité. Mon cerveau a repris les commandes et il s’en donne à coeur joie ! Qu’attendre de cette rencontre ? Faut-il y accorder de l’importance ? Faut-il le revoir ? Et après ? Et comment se comprendre sans maîtrise de la langue ? Comment faire connaissance ? Etc., etc.

Pour l’heure S. et moi échangeons des e-mails assez maladroits dans un anglais très approximatif. Forcément nous ne parlons que de banalités comme « je suis l’aîné d’une famille de trois enfants »… Je ne vois pas bien où tout cela peut me mener mais j’essaie de n’y pas trop penser. J’ai très envie de le revoir et je me dis que l’on a pas forcément besoin de se parler pour se comprendre. Je me dis aussi que, même si ça ne mène nulle part, notre rencontre aura au moins été un moment agréable. Et il ne faut jamais refuser de vivre un moment agréable, quel qu’il soit !… Bref, je me trouve des sortes de bonnes raisons de relativiser et de ne pas trop me prendre la tête. Mais j’avoue que tout cela ne fait qu’ajouter un peu plus à la  confusion et au stress que je ressens actuellement. Et je ne peux pas m’empêcher de me demander ce qu’il adviendrait si, par (mal ?) chance je tombais comme qui dirait amoureux de ce garçon ? C’est sans doute cela qui me perturbe et m’empêche de vivre simplement cette jolie rencontre. Ah si  je pouvais mettre plus souvent mon cartésianisme en vacances !

En attendant je revois S. cette semaine. Mes insomnies quant à elles continuent à faire des ravages : la preuve, il est 3h du matin. J’écoute en boucle les Donkeyboy. Mes parents « fêtent » leur 41 ans de mariage. Cette semaine également je commence activement mes recherches d’appartement et j’accélère la mise en cartons de mes bibelots et autres objets futiles. Semaine chargée, donc, mais avec la promesse d’un avenir plus léger…

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16 réflexions sur “Une couche en plus

  1. Comme quoi, ça vaut souvent le coup de se forcer à sortir, même quand on est fatigué: il faut que je m’en souvienne.
    Sympa cette rencontre en tout cas (you more than met the eyes!). Et c’est une bonne occasion de mettre à profit tes cours d’anglais non?
    Je découvre Donkeyboy grâce à toi. « Ambitions », « stereolife », « broke my eyes »… Cette pop légère et un peu rétro a un charme fou!

    • Oui… enfin, parfois tu sors alors que tu n’en avais pas envie et tu regrettes de t’être forcé. Honnêtement, il s’en est fallu de peu que ce soit mon cas samedi dernier :/
      Pour ce qui est de l’anglais, je ne pouvais en effet rêver meilleur entraînement (sauf à sortir avec un anglais) ! Et je ne sais pas pourquoi mais j’ai subitement envie d’apprendre l’allemand également !
      Ravi que Donkeyboy te séduise. Ça ressemble un peu à du A-Ha en un peu moins désuet je trouve…

  2. Je ne peux que plussoyer à ce qu’ont dit les autres dans leurs commentaires : profite et apprécie. Il ne faut pas rater une occasion d’être heureux, que cela dure une jour, une semaine, un mois, un an, une vie… Laisse les choses faire, et vis cette histoire au rythme où elle se présente.

    • Je tente d’apprécier ces moments qui, je le sais, ne sont pas fréquents – tout du moins pas dans ma vie. Et au Diable les considérations trop terre à terre !

  3. Une parenthèse dans tes occupations et préoccupations du moment, plutôt bienvenue, non? C’est comme une citronnade fraîche au milieu d’une randonnée surchauffée. Il faut profiter du plaisir. Sans exclure la possibilité qu’il se soit agi d’un coup de foudre, laisses-toi donc le temps de le découvrir! ça t’évitera de lui faire peur, et de te faire peur à toi-même. Mais surtout, profites-en, on peut très bien déménager et vivre une histoire. Quelle qu’en soit la durée.

    • Jolie métaphore que celle de la citronnade fraîche. Pour la reprendre à mon compte je dirais que ma difficulté n’est pas d’apprécier la citronnade au milieu du désert – forcément bienvenue -, mais plutôt d’en apprécier pleinement le goût et surtout de la faire durer le plus longtemps possible. Ne pas boire tout d’un coup et regretter amèrement de ne plus en avoir une goutte pour le reste du voyage…
      J’aime aussi beaucoup l’idée du coup de foudre… mais ça c’est du à mon incorrigible romantisme !

  4. C’est, certes, plus facile à écrire qu’à faire, mais oui, laisse toi porter par le cours des choses, ne réfléchis pas aux implications (compliquées, forcément, bien sûr, mais rien d’insurmontable), n’aies pas peur de t’engager… C’est bien souvent à l’occasion d’un départ que l’on fait les plus belles rencontres.

    • Oh oui Glimpse : tu as raison ! Ce coquin de sort joue souvent les ironiques en nous faisant faire de belles rencontres juste avant de partir… Enfin je m’interroge, est-ce vraiment le destin qui est ironique ? En attendant, je vais tenter de suivre ton conseil et ceux de mes autres amis bloggeurs en profitant de tout ce qu’il y a à vivre encore de ce côté de ma vie 🙂

  5. Et pourquoi ce serait de la malchance d’en tomber amoureux ? C’est formidable comme sentiment ! La distance est un frein plus qu’un obstacle, tu lui as toi-même dit que tu repasserais régulièrement dans le coin. Même la langue n’est pas un obstacle puisque vous pouvez tous deux apprendre la langue de l’autre, et en attendant vous avez au moins l’anglais en commun. J’avais vu une fois un reportage sur deux personnes dont la seule langue commune était le latin, ça ne les a pas empêchés de se marier…

    • En effet, tu as raison sur les deux points : l’amour est un sentiment formidable – mais qui peut aussi, du fait qu’il est extrême, causer de réelles souffrances parfois ; et la distance n’est qu’un frein et ne doit (devrait) pas être un obstacle, surtout de nos jours où les moyens de communications sont si développés. Quant à la langue, disons que c’est un mixe entre petites difficultés amusantes et risques de gros malentendus : en clair il ne faut pas que cette difficulté dure éternellement. En tout cas, pour gérer tout ça en même temps (car là je cumule), il me faut une bonne dose de recul et une forte envie d’implication je crois !

      • la langue…mais appremment, ce n’est pas un problême, vous savez les faire se rencontrer…lâche toi, et tu verras bien ce qui se passe: au pire(façon de parler), ce n’était qu’un bon moment, au mieux, c’est ta vie qui change…et si il le faut tu redéménage dans 6 mois (ou lui, vient s’installer chez toi), et tu feras des progrès en langues: allemand, anglais , et autres que tu as déjà pratiqué et où apparemment tu n’as pas grand-chose à apprendre!!!

      • La barrière de la langue est bien réelle. Elle donne lieu à des imprécisions, voire même des incompréhensions. J’espère qu’elle ne donnera pas lieu à des malentendus. En attendant, je vis les choses avec ma réserve habituelle mais aussi la ferme intention d’aller jusqu’au bout de ce qui est possible. Ainsi je n’ai, pour l’instant, ni a priori ni projet ni timing… je laisse les choses venir d’elles mêmes et, ma foi, ça se passe bien 🙂

    • Profiter est une chose. Profiter avec bon sens en est une autre je crois. Le problème chez moi c’est que je veux faire preuve de trop de bon sens et du coup… je ne profite plus pleinement.

Et si tu réagissais ?

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