Tout est bon dans le ronchon

Me voici un peu nauséeux : suis-je en train de couver la grippe ?
Je viens de recevoir l’échéancier pour le paiement de mes impôts 2012 : ne suis-je donc qu’une vache à lait ?
Mes collègues me poussent vers la sortie à grands coups de « bon débarras » d’autant plus dédaigneux qu’ils sont sournois : étais-je un si piètre collègue ?
Certains qui se prétendaient mes « amis » ne donnent plus signe de vie depuis que je leur ai annoncé que je quittais la région : pourquoi se sont-ils joués de moi ?
Les clients me prennent de haut : ai-je à ce point une tête d’abruti ?
Mes actions ont perdu 30% de leur valeur depuis le début de l’année : pauvre de moi et bientôt pauvre tout court ?
L’été est bel et bien terminé : pourquoi ai-je le sentiment que l’hiver dure dix mois et l’été seulement deux ?
J’ai beau faire toujours plus d’efforts, mon corps accuse le poids des années : ça fait comment d’être has been ?

Avec tout ce qui me contrarie je pourrais remplir des pages et des pages de blog. Je crois même que ce serait une source d’inspiration quasi intarissable. Je m’épancherais encore et encore sur mon sort en mettant en exergue des choses, des faits, des situations qui, soit découleraient directement de mes actions (ou de mon inaction) ; soit seraient purement indépendantes de ma volonté.
Dans le premier cas, je jouerais les types de mauvaise foi et prétendrais ne pas être responsable de ce que j’aurais engendré. Par exemple, je pourrais me vanter d’avoir manier l’hypocrisie avec mes collègues pendant 6 ans et venir en même temps leur reprocher de me rendre la monnaie de ma pièce maintenant que les masques n’ont plus de raison d’être. Je pourrais… Dans le second cas (celui des choses sur lesquelles je n’ai aucune influence), je pourrais par exemple pester chaque jour contre ce climat tempéré qui change sans même me demander avant ce que j’en pense ! Je pourrais aussi…
Je pourrais me plaindre tout le temps, geindre, me traîner, et décider que fondamentalement tout cela est injuste et que la vie – cette chienne – m’accable, moi qui suis si innocent et fragile . Je pourrais le faire… et il m’est avis que je le fais plus souvent qu’à mon tour !

Pourtant ces derniers temps il me semble que je prends comme de la distance avec cette complaisance envers moi-même qui me fait me dire que je ne suis que la pauvre victime d’un monde trop cruel. Car enfin, pour peu que je veuille me donner un peu de temps et de peine, je dois bien pouvoir trouver des choses, des faits, des situations positifs… ?
Certains de mes collaborateurs m’ont touché par leur émotion à l’annonce de mon départ : le monde du travail ne résume pas toujours qu’à un rapport employeur/employé.
L’automne s’installe : on va pouvoir se resserrer les uns contre les autres et ressortir nos bols de chocolat chaud.
Les impôts me demandent plus que l’année passée : même si j’ai le sentiment d’être hyper taxé, je dois reconnaître que mon salaire, lui aussi, a augmenté.
Je ne me plaisais plus dans mon entreprise : j’ai tout fait pour en changer et j’y suis arrivé.
Mon corps accuse le coup du temps qui passe : mais le sport me permet d’être physiquement en harmonie avec mon âge et, de plus, chaque âge a son attrait.
Je suis encore célibataire : j’ai donc des milliers de possibilités qui s’offrent à moi.
Certains de mes « amis » ne donnent plus signe de vie : ce ne sont donc pas des amis et mieux vaut m’en rendre compte maintenant.

Je sais bien que mes exemples donnent une impression de convenance très cucu-la-praline… Mais voilà, j’ai tout à coup envie de balayer d’un revers de la main tout ce négativisme ambiant. Car en ce moment « on » nous abreuve de choses affligeantes, voire terrorisantes, sans jamais  nous donner une lueur d’espoir. Crise, chômage, pauvreté, dureté des rapports entre les gens, guerre politique, risque systémique, tueries, condamnations, veto, froid, pluie, agressions… bref, je ne vous refais pas la Une des journaux, vous la connaissez comme moi. Même si toutes ces choses sont (plus ou moins) vraies, qu’elles existent et qu’il ne faut pas les nier, je pense tout de même qu’il est urgent de prendre un peu de recul et de se dire, peut être naïvement je le concède, que tout n’est pas si noir et que subir finit par avoir ses limites. Agir est beaucoup plus positif. Mais encore faut il le vouloir.

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12 réactions sur “Tout est bon dans le ronchon

  1. Tu as tout à fait raison, l’été n’a duré que 2 mois (même pas 😉 )

    Pour le reste, don’t acte, je suis bien mal placé pour disserter sur le reste de ta note mais bisous en passant 😛

  2. Et s’il suffisait de gratter un peu pour découvrir que le monde n’est pas aussi sombre que ce qu’il parait être ?
    Tu mets en avant les collègues qui disent « bon débarras », mais tu évoques aussi ceux qui ont été émus à l’annonce de ton départ.
    Tu t’étonnes que certains amis ne donnent plus signe de vie, ils ne vaudraient plus la peine d’être considérés comme amis, mais ne serait-il pas possible qu’ils soient très occupés ? Ou encore qu’ils aient simplement besoin de temps pour digérer cette annonce de départ qui les a surpris ?

    • Je crains hélas que ce ne soit ni leur emploi du temps ni la surprise qui empêche ces personnes de donner signe de vie. Mais peu importe. Il y en a d’autres qui au contraire me montrent qu’elles n’ont pas envie d’en rester là… Alors au final je n’ai qu’à me laisser porter et ne pas trop cogiter.

  3. Je suis assez d’accord avec Flavien : les collègues ne deviennent des amis qu’une fois qu’ils ne sont plus que d’anciens collègues. Quant au reste, je me plains moi-même suffisamment pour ne pas te jeter la pierre. Le ressenti que l’on a de sa propre vie a toujours deux visages, rien n’est jamais ni tout noir, ni tout blanc. Je pense qu’on atteint l’équilibre lorsqu’on parvient à voir les deux côtés…

    • Justement, c’est bien le sujet de ce post, mais je n’ai pas réussi à le rendre correctement : je ne me plains pas et, au contraire, je veux lutter contre cette tendance actuelle qui veut qu’on mette tout à la poubelle sans prendre le temps de chercher le côté positif des choses…

  4. Je considère que les voisins-amis ou les collègues-amis ne deviennent des amis que lorsqu’ils ne sont plus voisins ou collègues. Il est temps pour toi de dire à ceux qui te manifestent leur attachement si tu souhaites qu’ils restent des amis, non?
    Après c’est Paris te voilà! Plein de rencontres à faire, de nouvelles façons de vivre, une blogosphère et une vie sociale débordantes, et plein de gymnases et autres possibilités de faire du sport…
    J’aime bien ta nouvelle présentation, tes « pauvres » dessins sont bien assez élaborés à mon avis. On sent la poésie poindre derrière. Plus qu’à supprimer le mot pauvre.

    • Ceux dont je parle ne sont ni mes voisins ni des collègues mais des gens avec qui j’avais cru pouvoir nouer de vraies relations de complicité : >Erreur<
      Pour le coup ce n'est pas très grave car, comme tu le résumes fort bien, Paris me voilà !!
      Et merci pour tes encouragements quant à mes dessins, bien piètres illustrations au regard de ce que j’aimerais évoquer à travers eux…

  5. La nouvelle présentation surprend au départ, mais en fait très agéable pour la lecture et là on est servis. Ta conclusion va de soi, fait du tri, profite du déménagement pour cela, ça va te vider, mais au moins tu repartiras léger. C’est pas évident bien sur comme toute chose nouvelle que l’on entreprend, la volonté est en soi , c’est toi qui décide.

Et si tu réagissais ?

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