Flottement

Il y a  quinze jours environ, je suis de nouveau entré dans une phase d’insomnie. Je dors quelques heures par nuit et me retrouve éveillé vers deux heures du matin, assez désœuvré je dois l’avouer. Je ne sais pas réellement comment occuper ce temps tout à coup disponible. Pourtant j’aurais des tas de choses à faire, comme par exemple me replonger dans mes cours d’anglais, largement délaissés ces derniers mois. Ou bien terminer de lire les romans qui attendent, posés dans la bibliothèque, que je les ouvre. Faire du ménage – mon appartement en a bien besoin-, du rangement, du tri, des cartons en vue de mon prochain départ… J’aurais de quoi faire mais paradoxalement je ne fais rien. Je tourne, j’erre sur le Net, j’écoute un peu de musique, je tente de m’activer et m’arrête aussitôt. Parfois je dessine ou j’entame la rédaction d’un billet pour mon blog, mais de toute évidence, je ne suis guère inspiré.

A quoi cela tient-t-il ? Sans doute au fait que je me sente réellement en transit entre deux périodes de ma vie. En ce moment même j’ai le sentiment que je vis une étape intermédiaire, sans réelle signification. Une sorte de rêve éveillé sans contours, sans destination. Une période de flottement. Il faut dire que je m’étais habitué à vivre ici et que je ne réalise pas encore (du moins pas encore totalement) que dans quelques semaines à peine je n’y serai plus. Hier encore en allant courir, je me demandais quel paysage je contemplerai désormais au cours de mes sorties sportives ? Car je le connais désormais bien ce parcours que je pratique depuis presque quatre ans !
Et puis pour tout vous dire je ne sais pas trop par où commencer. Après une période d’euphorie durant laquelle j’avais entrepris de faire tri et cartons, je me surprends maintenant à me dire que « j’ai bien le temps de m’y mettre ». Erreur ! L’échéance arrive au galop et quand je réfléchis un peu j’entrevois avec effroi l’ampleur de la tâche… Quoi qu’il en soit une étape importante va être franchie aujourd’hui puisque je vais officiellement annoncer à mon équipe mon départ imminent. J’appréhende un peu ce moment…

Dans cet état un peu flou, j’ai du mal à dégager une ligne de conduite concrète. Dit autrement, je navigue un peu à vue, partagé entre mes habitudes actuelles qui vont disparaître et mes habitudes futures que je ne connais pas encore. Par exemple, j’ai de plus en plus de mal à aller à la salle de sport le matin, tout simplement parce que je me dis – en résumé – : « à quoi bon puisque dans un mois je n’irai plus du tout ?« .
En fait, le futur est à la fois rempli d’incertitudes et, en même temps, gonflé d’espoirs. Car pour ne rien vous cacher, j’attends beaucoup de ce changement de situation. Je le considère comme une sorte de « nouveau départ » ou de « remise à zéro des compteurs ». Pour la première fois j’ai le sentiment d’avoir fait un vrai choix de carrière et d’avoir mûrement réfléchis à ce que je voulais ou à ce que je croyais bon pour moi. Aussi suis-je assez serein. Mais pour autant, je tente de ne pas trop espérer car une trop grande déception serait  difficile à supporter.

En résumé, donc, il me tarde d’entrer dans cette nouvelle et d’en finir avec l’actuelle. Je suis complètement excité à l’intérieur et presque amorphe à l’extérieur : c’est parfaitement stupéfiant ! En attendant, je dois trouver un moyen concret de faire la transition sinon je risque, me semble-t-il, de ne pas réussir à complètement tourner la page. Mais le peut-on vraiment ?

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8 réactions sur “Flottement

  1. C’est bizarre, justement tu devrais être surmotivé avec en point de mire ce changement que tu attendais visiblement (après, je peux me tromper je ne te suis pas depuis très longtemps)

  2. Parfois il faut laisser les choses se faire simplement, moi je sais que depuis que j’ai déménager, je n’ai plus envi de courrir, cela reviendra naturellement car j’en aurais besoin. Pour l’instant tout mon attention est dans mon boulot, Chaque chose en son temps et c’est différent pour chaque personne.

    • Je ne sais pas si c’est simplement une question d’envie. Je crois que c’est aussi une période où rien n’est réellement objectivé. Pas de contours précis donc pas d’actions précises en quelque sorte.

  3. Non, ce n’est pas une erreur de raisonnement. Au début, je me suis fait exactement la même réflexion que toi, mais au final, je crois bel et bien qu’il s’agit réellement d’un « lâcher prise ». Je sais que je ne retournerai pas dans une salle avant un bon bout de temps (hélas ou pas, c’est un autre débat).
    PS : pour les cartons, je crois bien que je vais faire appel à des déménageurs (je ne suis vraiment pas assez entraîné 😉 ).

  4. Je décèle une petite erreur de raisonnement, quand te demandes à quoi bon aller à la salle de sport : ce n’est pas que tu n’iras plus du tout, mais plutôt que tu iras dans une autre salle de sport, non ? Or si tu restes trop souvent absent de la salle de sport, la reprise sera d’autant plus difficile : même si c’est un nouveau départ, il se fait dans la continuité de ta vie actuelle, ce sera le même toi qui sera là-bas, alors autant continuer à t’entretenir pour que le départ se déroule le mieux possible, non ? (Et en plus ce sera plus pratique d’être entrainé pour porter les cartons !)

Et si tu réagissais ?

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