Évidence

Que ce soit quand j’ai arrêté de fumer en février 2007, que j’ai commencé à faire du sport, au printemps de la même année, ou bien encore quand je me suis remis à l’anglais, fin 2009, à aucune de ces occasions il ne m’a semblé devoir faire preuve d’une quelconque volonté, dans le sens d’un dépassement de soi. Evidemment, cela n’est pas allé sans que je doive faire des efforts, encore qu’après coup il me semble que lesdits efforts étaient bien minimes – au regard de la satisfaction et du bénéfice attendu (et parfois obtenu).

A chacune de ces mises en oeuvre, je n’ai pratiquement rien eu à faire, si ce n’est me laisser doucement flotter sur la Mer de l’Évidence. Je vis, nous vivons tous, sur les rivages de cette océan rempli de bon sens mais peut être n’osons nous pas y plonger pour de bon. C’est un peu comme si ça nous paraissait subitement trop simple, trop facile… trop évident en somme. Parce que je le reconnais, l’évidence me déroute et peut être avez vous la même sensation ?

J’ai du mal à tracer une ligne droite entre un point A et un point B ; entre un problème et une solution ; entre une situation donnée et ce qu’il faudrait qu’elle soit. Je n’ai sans doute pas un esprit assez cartésien. Et pourtant, de temps en temps, je comprends qu’il me faut aller dans une certaine direction plutôt qu’une autre. Je sens tout à coup que ce qui est bon pour moi, que ce que je dois faire c’est tout simplement ça et pas autre chose. Je ne sais pas, bien sûr, comment de tels moments de lucidité peuvent survenir. D’ailleurs parfois ils ne surviennent qu’à moitié : je vois ce qu’il faut faire mais je ne le fais pas parce que je ne me sens pas encore prêt, ou quelque chose dans ce goût là. Ça n’est pas encore assez évident ! C’est trop confus…

Par exemple quand j’ai mis fin à ma consommation de tabac après plus de 15 ans passés en compagnie de mon amie la clope, eh bien ce jour là, donc, il m’a semblé tellement évident qu’il fallait que j’arrête, que je ne me suis pas du tout préoccupé des conséquences, des méthodes, des moyens… J’ai arrêté. Point. Avant de parvenir à ce 2 février 2007, j’avais tenté plus d’une fois par tout un tas d’astuces alambiquées de trouver une solution à ce que je voyais à l’époque comme un problème insoluble. Et ne sachant pas comment m’y prendre pour atteindre ce vague objectif,  je cherchais sans cesse de nouveaux chemins mais, bien sûr, ils ne menaient nulle part. En réalité, arrêter de fumer n’était pas un objectif, c’était, en soi, une évidence. Je n’avais donc pas de questions à me poser ni de méthode à trouver.

Aujourd’hui encore je suis confronté, comme vous peut être, à des choix, des doutes, des interrogations et des problèmes auxquels je ne trouve pas de solution. Concrètement, par exemple, je sens que je ne suis pas à ma place professionnellement. Je sais que cette situation n’est pas saine. Je sens aussi qu’il me faudra bien trouver une solution et qu’elle ne pourra pas être en demi-teinte. En clair, je sais bien qu’il me faudra changer de travail. Alors je cherche comment m’y prendre, je cherche des compromis ou des possibilités douteuses et je m’épuise à remuer du vent. Je n’ai pas encore clairement vu l’évidence. L’évidence en l’occurrence est qu’il y a un domaine d’activité vers lequel je me sens porté et qui me procure épanouissement et plénitude. Je l’ai expérimenté à diverses reprises et je pense qu’il m’est accessible. Mais tant que je refuserais de me laisser porter vers cet « idéal » professionnel en cherchant à l’intégrer dans mon travail actuel plutôt qu’à en faire mon activité principale, alors je resterai frustré. Je le sais… mais je ne suis pas encore à même de l’envisager comme quelque chose d’évident.

Pour moi, l’évidence c’est comme si quelqu’un me donnait une grande tape dans le dos pour me pousser dans la bonne direction. D’ailleurs l’élan que je perçois quand je m’engouffre sur le chemin de l’évidence ne trompe pas. Pas de doute, non, quand on trempe dans l’évidence, on le sait. On sait qu’on a fait le bon choix car il n’y en avait de toute façon pas d’autre. C’est évident.

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8 réflexions sur “Évidence

  1. Dis-toi que changer de boulot, c’est comme changer de blog…. on cherche un hébergeur, on y cherche le bon thème, et finalement on avance 😉

    • je suis certain qu’il faille être mobile professionnellement de nos jours, même si cela peut parfois être une source de difficulté et un énorme facteur de stress

  2. C’est très contraire à moi tout ça. Aucune décision n’a été une évidence et à chaque fois, et j’ai du faire de très gros efforts, pour un résultat souvent bien décevant. Tout n’est pas noir, les changements de direction ont été parfois salutaires. Dans mon cas, le problème est se tenir à la décision, de considérer comme impossible de revenir en arrière, de faire autrement.

    Changer de travail est une décision importante mais quand ce genre de décision est prise, il y a comme un grand soulagement, car c’était comme si c’était l’effort le plus important à produire, le plus gros obstacle. Après, tout s’enchaine assez facilement.

    Bon courage et bonne chance

  3. Quand ça m’arrive je considère ça comme une grande chance. En général une réussite. Dommage qu’on ne capte pas des évidences pour toutes les décisions à prendre, loin de là.

    • Je crois que c’est parce qu’on ne veut pas trop les capter comme tu dis. Nous sommes un peu trop alambiqués 🙂

Et si tu réagissais ?

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