Si longtemps

Il y a si longtemps que j’ai écrit ici que je ne me souviens même plus de quand ça date. J’ai l’impression que ça fait des années. Que le blog s’est arrêté pour ainsi dire, sans heurts, sans bruits. Il a disparu de mon quotidien sans que je m’en aperçoive vraiment. Oh, bien sûr, de temps en temps je me suis dit “tiens, ça fait longtemps que je n’ai pas posté quelque chose – même quelque chose d’insignifiant – et puis j’ai oublié. J’ai fini par ne plus y penser, comme si je n’avais jamais eu de blog. C’est fou !
La faute à quoi, à qui ? Y-a-t-il un fautif ? Est-ce dans l’ordre des choses ? Les blogs meurent ils de mort naturelle (je veux dire autre que celle décidée, presque programmée, par leur auteur) ?

A moins que ce ne soit qu’un souffle au coeur, une petite pause ? Le temps de se remettre de tous ces bouleversements et de repartir de plus belle ? Je l’espère. Car pour tout dire, je trouve l’aventure belle et agréable, même si l’écriture est une discipline exigeante et parfois ingrate, au regard du temps passé à choisir les bons mots et à les assembler dans ce qui nous paraît être touchant ou spirituel mais laisse les lecteurs de marbre. Faire passer des émotions à travers un enchevêtrements de lettres, de lignes et de phrases : voilà un vrai défi !

Mais j’en reviens à moi car je ne sais que tourner autour de moi même…
Ma vie continue donc, elle, avec ou sans blog. Je me réjouis toujours autant d’être à Paris, même si la vie ici est parfois cauchemardesque, au vrai sens du terme. La preuve l’autre jour avec ce rendez vous pris à 9h30 et cette succession d’avaries en tout genre dans les transports en commun. On aurait dit un mauvais rêve dans lequel un génie mal intentionné s’était mis en devoir de m’empêcher d’être à l’heure ! Obstacle sur la voie, retard inexpliqué, coupure de courant entre deux stations… Tout, absolument tout était concentré sur un seul parcours : le mien ! Du sur mesure !
Pour autant, je ne me laisse pas abattre. Ni par le froid qui m’a valu encore quelques jours de goutte-au-nez et de gorge irritée, ni par les déconvenues de tous types : professionnelles ou personnelles. De mal en pis, je fais des rencontres. Je ne m’avoue pas vaincu. Je me prends des râteaux, c’est vrai, mais je croise aussi des gens sympa (oui, ça existe ici aussi). Je rencontre même des blogueurs, preuve s’il en est que le blog a de l’avenir… Des blogueurs charmants, charmés, charmeurs, je ne saurais trop dire. En tout cas des gens d’une grande intelligence et d’une vraie sensibilité ; n’est pas blogueur qui veut !

La vérité, c’est qu’ici je me sens sans doute plus libre. Paradoxalement, alors que je suis contenu dans des horaires de RER, de métro, de bus et de train ; alors que le coût de la vie me contraint terriblement ; alors que je suis frustré de ne pas pouvoir faire autant de sport qu’avant… eh bien malgré tout ça, je me sens libre. Libre de trouver un club de sport, un bistrot, un spectacle ou une expo au coin de la rue. Libre de croiser 11 millions de personnes dans un tout petit espace. Libre d’admirer quelques uns des plus beaux monuments du monde. Libre de participer au tumulte d’une ville bouillonnante quel que soit le jour ou l’heure.
Le risque, en fait, serait de me perdre dans toute cette liberté. Mais heureusement, mon blog est mon fil d’Ariane.